Processus créatif Creation process

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Baptiste Rabichon

Baptiste Rabichon

Ranelagh / We're beautiful like diamonds in the sky / Encore elle

installation

Comme tout explorateur qui se respecte, Baptiste Rabichon ne sait pas exactement ce qu’il cherche. Il est mu par des intuitions, soupçonne des territoires inconnus, en expose des contours. Il sait que le voyage importe autant que la destination, plus encore lorsqu’il mène à des contrées imaginaires. Depuis quelques années, c’est la photographie sous toutes ses formes qu’il parcourt. L’un de ses procédés consiste, par exemple, à mêler des compositions numériques à des manipulations argentiques (tirages, photogrammes ou projections directes d’objets) et ce sur un seul et même support photosensible. À des clichés préexistants, qu’il prend lui-même, fouille dans son placard, dans les magazines, les livres ou sur internet, l’artiste associe ses rencontres quotidiennes. On croisera en effet dans ses œuvres des fleurs cueillies la veille ou ce qu’il trouve au fond de sa poche. Des petites choses sur lesquelles il tombe chaque jour, un peu par hasard, et qu’il décide, illuminé, d’intégrer à sa composition. À la manière d’un sculpteur, il façonne des « objets » photographiques, pleins de textures, de couleurs, de collages et d’hommages. Ses gestes artisanaux offrent des rendus proches de la science- fiction. Car, comme tout explorateur qui se respecte, Baptiste Rabichon se joue de la temporalité. Ses œuvres proposent une traversée de l’histoire de l’art : promenade entre les jardins impressionnistes et les Flowers de Warhol, allusions aux guitares des cubistes et aux figures surréalistes qui s’enrichissent de l’irruption de la trivialité contemporaine : s’y glissent des Tic-Tac ou des plaquettes de chewing-gum. Elles puisent aussi leur inspiration dans la musique pop : We’re beautiful like diamonds in the sky, qui se déploie sur près de 30 mètres, a été réalisé en projetant des diamants directement sur du papier photographique. Shine Bright. Comme pour tout explorateur qui se respecte, la quête de Baptiste Rabichon n’est pas statique. Dans son projet le plus récent, le voyageur intérieur choisit d’arpenter les grands espaces, créant son propre véhicule artistique : une caravane récupérée, transformée en sténopé roulant. On imagine bien le baroudeur sur les routes de France prenant l’empreinte gigantesque des lieux qu’il traverse. Ses épreuves révèlent une friction entre négatif et positif, entre photographie et peinture. À travers ces paysages exposés, comme tout explorateur, Baptiste Rabichon offre un goût d’aventure. Manon Klein

Un grand merci aux équipes pédagogiques, techniques et administratives du Fresnoy. Un grand merci à Olivier Anselot, Julien Guillery, Aurélie Brouet, Gérard Collin-Thiébault, Manon Klein et bien sûr toute promotion Manoel de Oliveira.

Né à Montpellier en 1987, Baptiste Rabichon vit et travaille entre Paris et Tourcoing. Après des études de viticulture et d’oenologie, il rentre à l’ENSA Dijon en 2009, à l’ENSBA Lyon en 2011 et enfin à l’ENSBA Paris en 2012 où il intègre les ateliers de Claude Closky, P2F et Patrick Tosani. Il obtient son DNSAP en 2014. Dans un rapport aux images autant critique qu’amoureux, Baptiste Rabichon s’attelle aussi bien aux méthodes ancestrales de la photographie (photogrammes, cyanotypes, sténopés) qu’aux outils de l’imagerie moderne, qu’il tente, toujours avec la même jubilation, de pousser dans leurs retranchements. En 2015, pour sa première exposition personnelle, « Tout se délitait en parties », à la galerie du Crous à Paris, il présente une série de tirages, alliages de photographies et de photogrammes. Il travaille actuellement à la réalisation de très grands formats où argentique et numérique se confondent au sein d’un même support. En septembre 2015 il intègre Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains.