Magalie Mobetie
Anba tè, adan kò - Installation - 2021
présentée dans le cadre de l'exposition Panorama 23 - ...par le rêve...
Installation
« J’étais à la recherche des âmes que nous avions perdues. Je fouillais dans nos corps les répliques d’un gène provoquant des générations taciturnes. J’avais peur, face à ma logorrhée, de déterrer des fardeaux. Mais ta terre, Papa Jean, est une terre d’amour et tes enfants l’ont toujours célébrée. » Partie à la rencontre de sa famille en Guadeloupe, Magalie tente de briser une culture du silence : il n’y a pas eu de transmission de l’histoire de la traite négrière et de l’esclavage. Ce n’est pas un sujet de conversation. Qu’advient-il de cette accumulation de non-dits ? Les voix et les doubles fantomatiques de neuf parents sont placés sous un arbre : référence sans équivoque à l’arbre généalogique, mais pas seulement, car il existe la figure de l’Arbre de l’oubli. Évoquant l’idée d’un traumatisme qu’il fallait renier, en écho aux recherches en épigénétique et à la psychogénéalogie, Magalie souhaite aller à contre-sens en faisant le tour d’un arbre et inviter le spectateur à faire de même, non pas pour oublier, mais pour savoir et partager.
30 novembre 1848. Sept mois après l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe, Louisonne, Alexandre et leurs enfants se tiennent devant un officier de l'état civil dans la ville du Lamentin en Guadeloupe et reçoivent le nom « Mobétie ». Cette trace administrative, retrouvée par Magalie Mobetie trois générations plus tard, est devenue l’un des fils conducteurs autour duquel sa famille, et son œuvre, tissent désormais un lien entre passé, présent et futur.
Artiste multimédia mêlant arts plastiques, vidéo, son, 3D et technologies immersives, Magalie Mobetie est basée entre la Guadeloupe et Paris et s’intéresse à ce qu’on ne dit pas, ne voit pas et aux raisons du silence dans les familles. Formée au Fresnoy, studio national des arts contemporains (2020-2022 - Tourcoing, France) puis résidente à la Jan van Eyck Academie (2023-2024 - Maastricht, Pays-Bas), elle développe une pratique transdisciplinaire dans laquelle elle assume une posture "D'ancêtre du futur", transformant les héritages reçus en transmissions conscientes.
Depuis 2023, elle enseigne dans le master Humanités Numériques à l'Université Polytechnique des Hauts-de-France. Son approche s'inscrit dans une pensée critique et explorative du détournement des outils numériques et réalités étendus pour les penser au-delà du divertissement
Production
Remerciements
L'ensemble de l'équipe du Fresnoy – Studio national des arts contemporains, Athiná-Rachél Tsangári, Daniel Dobbels et Madeleine Vandoren.
Brice Nouguès, Valentine Gelin, Alexis Hallaert.
Les familles Mobetie, Gamon, Nirelep, Denecy et Gob.
Julie Everaert, Ines Pujol et Kévin Le Dû.