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Journée d’étude | Fictions du climat

Conférences, discussions artistes / chercheur·euses, performance artistique et projection

JEU. 12 MARS 2026 — 10H > 19H
En favorisant la transdisciplinarité, la circulation des idées et le croisement entre approches artistiques et théoriques, cette journée d’étude a pour objectif de réfléchir à la fabrique des récits et d’ouvrir à une compréhension large des enjeux climatiques.

Si la fiction est souvent associée à l’imagination, par opposition au réel, le terme de « fiction » sera avant tout pris ici au sens d’« hypothèse » ou de « modèle » permettant l’élaboration d’une réflexion. Dans le cadre de ce séminaire, les Fictions du climat seront envisagées moins comme des histoires déconnectées de la réalité que comme des histoires qui, au contraire, nous reconnectent avec celle-ci. Les fictions, par la manière dont elles mobilisent des affects, ouvrent à d’autres modes d’attention. En tant qu’expériences de pensée, elles peuvent nous permettre d’appréhender le réel à partir d’autres points de vue ou sous d’autres perspectives, de concevoir des imaginaires critiques ou encore de déployer des récits alternatifs. Comme le rappelle Donna Haraway dans Vivre avec le trouble, les histoires que nous racontons importent et les « temps d’urgence » que nous traversons nécessitent d’en inventer de nouvelles[1].

Ce séminaire vise ainsi à mettre en place des dialogues, ou plutôt des correspondances – au sens, comme le suggère Tim Ingold[2], de pensées qui entrent en résonance et prennent forme ensemble – entre artistes et chercheur.euse.s (philosophes, historien.ne.s, anthropologues, scientifiques) pour faire émerger des fictions qui soient autant d’amorces de réflexions collectives et de pistes d’actions. Comment les artistes, mais aussi les institutions culturelles, tentent-ils de répondre à l’urgence climatique ? Comment produire et diffuser des œuvres aujourd’hui, dans un contexte anthropocénique ? Le climat et les éléments météorologiques, en tant que symptômes de la rupture écologique, constitueront le point d’entrée de ces correspondances qui auront, comme tout échange, tendance à proposer des bifurcations et des points de fuite.


[1] Haraway Donna, Vivre avec le trouble, trad. Vivien García,Vaulx-en-Velin, Éditions des mondes à faire, 2020, p. 72.

[2] Voir Ingold Tim, Correspondances. Accompagner le vivant, trad. Sylvain Griot, Arles, Actes Sud, 2024.

Programme


10h – 10h10
Introduction par Pascale Pronnier (responsable des programmations artistiques, Le Fresnoy – Studio national) et Géraldine Sfez (maîtresse de conférences en études cinématographiques à l’Université de Lille, membre du CEAC – Centre d’Étude des Arts contemporains)

10h10 – 10h20
Pièce sonoreOlivier Remaud

10h20 – 11h
Conférence — Olivier Remaud

11h – 11h45
Dialogue — Hicham Berrada / Riccardo Venturi

11h45 – 12h30
Échanges avec les 4 intervenant·e·s de la matinée

Déjeuner 12h30 – 14h

14h – 14h45
Conversation — Charles Rouleau et Ludovic Hadjeras

14h45 – 15h15
Conférence — Alejandro León-Cannock

15h15 – 16h
Dialogue — Teresa Castro et Hideyuki Ishibashi

16h – 17h
Discussion avec les 4 intervenant·es de l’après-midi et conclusion

Pause 17h – 17h30

17h3019h (tarifs habituels cinéma)
Projection du film de Momoko Seto, Planètes, 2025, 1h16 (sortie nationale le 11 mars 2026)
Film de clôture de la 64e Semaine de la Critique Cannes 2025
Prix Paul Grimault au Festival international du film d’animation d’Annecy 2025

Intervenant·es


Hicham Berrada
Dans ses vidéos, installations et performances, il s’ingénie à créer de nouveaux mondes, en apprivoisant les lois de celui que nous connaissons. Ces lois, qu’elles soient mathématiques, biologiques ou encore chimiques, sont orchestrées afin de générer des paysages à mi chemin entre le familier et l’étrange. Il définit donc sa démarche comme celle d’un régisseur d’énergies, qui choisit et agence des paramètres : agir sur la température, la luminosité ou la viscosité d’un milieu, de façon à ce que, dans un cadre défini, quelque chose se produise. Ce qui est présenté est donc toujours une collaboration entre une intervention humaine et des phénomènes physiques, chimiques et biologiques.

Teresa Castro est maîtresse de conférences en études cinématographiques à l’université Sorbonne Nouvelle. Ses recherches récentes concernent les approches féministes du documentaire, les histoires environnementales de la photographie et du cinéma et les formes de vie végétales dans la culture visuelle. Dans ce cadre, elle a notamment publié The Mediated Plant (E flux, 2019) et coédité avec Perig Pitrou et Marie Rebecchi l’ouvrage collectif Puissance du végétal et cinéma animiste. La vitalité révélée par la technique ( Dijon, Presses du réel, 2020). Elle développe par ailleurs un travail de programmation et d’écriture.

Ludovic Hadjeras est un artiste plasticien dont le travail aborde, entre autres, des questionnements quasi-identitaires liés aux relations entre humain·es et non-humain·es. Il place au cœur de sa pratique une attention particulière aux espaces qu’occupent d’autres animaux, cherchant le contact, parfois la collaboration. Vivant et travaillant entre plusieurs pays, ses mouvements et les rencontres qui en émergent se traduisent dans sa pratique sous la forme d’installations, de sculptures, de vidéos et d’écrits.

Hideyuki Ishibashi est est né au Japon, à Kobe, en 1986. Il a obtenu le BFA au Nihon University College of Art, faculté de photographie en 2009, Tokyo et au Fresnoy – Studio national des arts contemporains (promotion Chantal Akerman) en 2018. Son travail, qui s’exprime principalement par la photographie, a été présenté lors d’événements internationaux tels que le Unseen Photo Festival et Breda Photo, ainsi que lors d’expositions individuelles et collectives au Japon, en Corée du Sud, en Angleterre, en Espagne, en France, en Allemagne, en Belgique et en Hollande. Ishibashi a eu sa première exposition en France en 2013, où il a été nominé pour le prix Voies Off à Arles. En 2014, il a reçu le SFR Jeunes Talents pour l’exposition « Micro-Macro » à Lille, puis a reçu le prix de la Commission d’art de Meijburg à Amsterdam en 2018. Il a été invité dans plusieurs résidences d’artistes : la Cité des arts (Paris) et la Capsule (Le Bourget) en 2019, le lycée agricole de Chartres en 2020 et le Fresnoy pour le projet Campus Jean Arnault en collaboration avec LVMH/EDHEC, et l’Institut français du Japon pour la Nuit Blanche Kyoto en 2021. Son 1er livre d’artiste « Présage » a été publié par IMA Photobooks en 2015, et son 2ème livre « Other Voices » a été publié par les (M)éditions en France en 2019. Ses œuvres d’art sont représentées par la Galerie IMA (Shinagawa), IBASHO (Anvers) et Bigaignon (Paris).

Alejandro Léon-Cannock
Originaire du Pérou, commissaire d’expositions, enseignant chercheur et artiste visuel vivant et travaillant à Arles. Il développe une pratique située à la croisée de la création artistique, de la recherche en arts et du commissariat, interrogeant la puissance des images comme événement de pensée dans le contextes contemporain. Il est titulaire d’un doctorat en recherche artistique de l’École nationale supérieure de la photographie ( d’Arles et d’Aix Marseille université, d’un master en photographie contemporaine latino américaine et d’un master en philosophie, spécialisé en philosophie française contemporaine. En 2024, il a assuré le commissariat du Pavillon péruvien à la Biennale d’Art de Venise. En 2025, il a obtenu la Bourse de recherche et de création de l’Institut pour la photographie à Lille. Il est maître de conférence en Arts plastiques (Section 18 CNU) et enseigne actuellement comme Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche (ATER) à l’Université d’Aix Marseille.

Olivier Remaud est un écrivain et philosophe français, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Lauréat de plusieurs prix nationaux et internationaux, il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels Solitude volontaire (2017) chez Albin Michel ainsi que Penser comme un iceberg (2020) et Quand les montagnes dansent. Récits de la Terre intime (2023) chez Actes Sud. Dans ses écrits, traduits en plusieurs langues, il s’intéresse aux usages du monde, aux milieux de vie et aux relations entre humains et non-humains. Il défend l’importance des récits pour (ré)orienter nos comportements à l’égard du vivant.

Charles Rouleau est anime le Casino Display au Luxembourg un lieu par excellence de recherche et d’expérimentation. Les étudiants en art ceux qui viennent d’être diplômés qu’il accueille profitent de cet espace à travers des cycles de recherche pour « mettre à l’épreuve des idées inachevées, sonder des concepts fraîchement esquissés. Ce laboratoire de recherche artistique est un programme qui encourage la recherche artistique collective et transdisciplinaire dans un cadre expérimental et axé sur le processus. Il offre aux artistes chercheur·euses émergent·es une plateforme pour explorer de nouvelles méthodologies, s’engager dans une recherche collaborative et repenser les notions traditionnelles de paternité de l’œuvre et de création de connaissances.

Ricardo Venturi est historien et critique d’art contemporain. Il a été Pensionnaire en histoire et théorie des arts à l’Académie de France – Villa Médicis, Rome (2018-2019) et à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) à Paris (2012-2016). Il a publié Mark Rothko. Lo Spazio e la sua disciplina (Electa, Milan 2007), Black paintings. Eclissi sul modernismo (Electa, Milan 2008), Passione dell’indifferenza. Francesco Lo Savio (Humboldt Books, Milan 2018). Il est responsable de la programmation scientifique de l’ICA de Milan et co-fondateur de la plateforme en ligne www.antinomie.it. Il contribue régulièrement à « Artforum », « Alias – Il Manifesto”, “Critique d’art”.


Partenaires

Cette journée d’étude est financée par l’Institut français et la Métropole Européenne de Lille (MEL) et organisée par Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains et le Centre d’Étude des Arts Contemporains (CEAC) de l’Université de Lille, avec la participation de l’Institut pour la photographie.


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