Événement d’inspiration Creativ’up
Expériences immersives dans les industries culturelles et créatives : « Explorer la mémoire à travers des connexions inattendues »
jeu. 4 déc. 2025
18h30 > 21h00

Lieu
Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, 22 rue du Fresnoy, 59200 Tourcoing
Cette soirée interactive et inspirante s’adresse à un large public de créatif·ves, d’entrepreneur·ses, d’artistes, de décideur·ces politiques, de chercheur·ses et d’étudiant·es. Une occasion unique de découvrir des innovations immersives du dans les industries culturelles et créatives de Wallonie, Flandres et des Hauts-de-France, et d’échanger avec des experts du secteur.
PROGRAMME
18h30 | Accueil
18h45 | Présentation de Creativ’Up et de l’exposition Panorama 27. Trois interventions inspirantes de 15 minutes :
- Giliam Antonie Ganzevles
Chercheur en IA dans le domaine du design / Directeur Créatif
Les souvenirs au-delà de l’être humain
Et si la mémoire dépassait largement l’expérience humaine ? Que signifie réellement « se souvenir » et quelles traces la mémoire laisse-t-elle derrière elle ? Les paysages portent en eux des couches de souvenirs inscrits dans leur propre structure ; comme en témoigne le Mimosa pudica, qui apprend et réagit aux stimulations, manifestant ainsi une forme de mémoire dépourvue de cerveau. Sous quelles formes les “souvenirs” de la Terre pourraient-ils émerger au travers d’une exploration spéculative ? Pourrait-on amener l’intelligence artificielle à imaginer les souvenirs d’un lieu, ancrés dans sa réalité propre ? Et ces connaissances pourraient-elles façonner des expériences immersives en temps réel ? Cette conférence examine comment les plantes, les paysages et les algorithmes convergent pour créer des formes émergentes de mémoire : la mémoire en tant que réseau, en tant qu’environnement, en tant que réalité que le monde lui-même fait surgir. - Géraldine Bueken
Line producer et scénariste. Directrice du programme XR4heritage. À l’initiative du projet #AVATARS, le 1er DIGITAL HUMAN LAB spécialisé dans la création d’avatars IA mémoriels. Organisatrice du INVISIBLE FESTIVAL (dont la 3e édition aura lieu les 25, 26 et 27 mars 2026).
MAMA AFRICA: de l’archive au dialogue sensible avec son avatar mémoriel
Comment l’intelligence artificielle et la réalité étendue peuvent-elles redonner voix et présence à une icône comme Miriam Makeba ? Cette conférence, présentée par Géraldine Bueken, explore la création du MAMA AFRICA memorial avatar, un projet pionnier mêlant patrimoine, performance et éthique du souvenir. À la croisée de la muséologie, de l’art vivant et des technologies immersives, l’avatar devient un agent d’interprétation à la première personne. Il interroge la mémoire collective, la représentation postcoloniale et les possibilités d’un récit partagé. Une invitation à repenser la transmission culturelle à l’ère de l’IA, entre innovation technologique et responsabilité historique. - Hicham Berrada
Artiste né à Casablanca en 1986, vit et travaille à Roubaix. Formé aux Beaux-Arts de Paris et au Fresnoy – Studio national des arts contemporains. Son travail a été présenté notamment au Louvre-Lens, au Centre Pompidou, à l’Institut du Monde Arabe et au Palais de Tokyo, au MoMA PS1 New York, à la triennale de Yokohama et à la Hayward Gallery de Londres. Hicham Berrada était artiste professeur invité au Fresnoy – Studio national pour la saison 2024-2025.
Mémoire et disparition : les images à l’épreuve des modèles génératifs
Le développement des images générées par IA nourrit chez les artistes une peur, celle de voir leur travail absorbé, dissous dans les grands modèles génératifs. Le projet Le Jardin des mutations part de cette inquiétude : j’y entraîne un modèle d’images à partir de l’ensemble de mon archive, des œuvres exposées aux images jamais montrées. Ces strates sont combinées aux données météorologiques du réel et à la structure du Yi Jing, classique chinois qui inspira Leibniz pour créer les prémices du code binaire. À partir de ces éléments sans cesse remaniés, le système produit en continu des paysages uniques, issus d’un monde parallèle. Ils apparaissent quelques secondes, et ne seront visibles que pour celles et ceux qui sont présents, puis disparaissent sans être sauvegardés. L’installation repose sur ce paradoxe : il n’y aura pas d’archives complètes d’une œuvre construite sur l’accumulation d’archives. Le Jardin des mutations déplace ainsi la mémoire du stockage, au flux : des images qui ne subsistent que dans la durée très courte de leur apparition et dans le souvenir de celles et ceux qui les ont vues.
20h | Cocktail et visite de l’exposition Panorama 27
