Thomas Guillot

Penelope Factory - Installation - 2017

présentée dans le cadre de l'exposition panorama 19

Installation


je sais seulement que j'ai vu cette chose blanche là et que vers elle je me suis avancé ça semblait être une console d'où pendaient des câbles électriques de couleurs il y avait une voix qui en sortait et j'ai voulu d'abord comprendre ce que la voix racontait alors j'ai fait un pas vers elle ça ressemblait à un ordinateur du passé ou du futur il y avait un écran qui diffusait des images et quand j'ai essayé de brancher un des câbles à cette sorte de tableau électrique avec tout plein de prises une nouvelle image s'est formée sur l'écran et quand je les débranchais tout l'écran demeurait noir et sans image aucune je ne comprenais pas tout je ne sais pas si cela racontait quelque chose ou si je projetais mais ce que je sais seulement et que je peux te dire c'est qu'un film se faisait de par mes mains comme un rêve dans la tête semblant obéir à une logique obscure indéterminée où voix musique images se tissaient et se détissaient la chose semblait vertigineuse la voix semblait parler depuis des ruines depuis un temps immémorial elle évoquait notre contemporain le plus actuel le plus immédiat mais aussi des civilisations livrées à l'oubli de l'histoire des hommes et des pays disparus des géographies de comment de la boue une ville avait poussé au milieu d'une lande j'ai eu la sensation d'un mince filet d'eau coulant comme un ruisseau qui ne s'interrompt pas dont le cours accélère ou ralentit je me suis laissé porter par le courant parce que je ne sentais pas le danger qu'il noie

Citation
« Une ligne pour le plaisir d'être ligne, d'aller, ligne. Points. Poudre de points. Une ligne rêve. On n'avait jusque-là jamais laissé rêver une ligne. Une ligne attend. Une ligne espère. Une ligne repense un visage. » (Henri Michaux, Passages, Gallimard, « L'Imaginaire », 1963, p.115-116)

Thomas Guillot


Ses propositions, sortes de scénarii vivants et vécus, existent sous la forme de constellations de films-documents, notules, analectes, archives, images fixes, palais de la mémoire, partagés de façon confidentielles et reprises sous de nouveaux titres, manières de ne jamais parachever ce qui s'avèrerait être pour lui des lignes d'erres ou de désir.

Remerciements


Daniel Dobbels, Madeleine Van Doren, Éric Prigent, François Bonenfant, Bertrand Scalabre, Yann Robin, Yannick Haenel, Assia Piqueras, Laura Haby et les autres camarades des promotions Manoel de Oliveira et Chantal Ackerman, Nicolas Klotz, Elisabeth Perceval, Alejandra Riera, Erik Bullot, Marine Guyon, Lukas Truniger, Claire Pollet, Isabelle Vendeville, Christophe Gregório, Sébastien Cabour, Cyprien Quairiat et les équipes du Fresnoy.

Crédits


Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains, Tourcoing