Thomas Ferreira
Primeiro, falaram as pedras / Latamnèses - Installation - 2026
présentée dans le cadre de l'exposition Panorama 28 - Invisibles ?
Installation
Sur les ruines d’une église abandonnée au nord du Portugal, une parole se déploie. Une voix, celle d’un père issu de la diaspora portugaise, évoque une vie faite de déplacements et de manques. Face à elle, une autre entité répond, dont la nature demeure indicible : mémoire des pierres, figure médiumnique ou intelligence artificielle.
Ce qui se met en place relève moins d’un récit que d’une circulation. Les fragments apparaissent, se déplacent, se contredisent, se reprennent. Des surgissements burlesques issus des folklores portugais viennent s’y inscrire comme les traces fantomatiques d’une vie qui n’a pas eu lieu – ni pour lui, ni pour ses enfants. Ils perturbent les continuités de la discussion des deux personnages autant qu’ils en révèlent certaines lignes enfouies.
L’installation prend la forme d’un décor partiel, un simulacre dont la structure reste visible. Au sein de cette ruine, le spectateur est invité à un rituel : tirer les arcanes du tarot pour faire apparaître les images au sein d’écrans transparents – néo-vitraux où les narrations se superposent au réel sans jamais s’y fixer complètement, comme autant de possibles en suspens.
Né à Cormeilles-en-Parisis en 1999, Thomas Ferreira vit et travaille à Lille. Artiste plasticien, chercheur et programmeur multimédia, il articule son travail autour des relations entre traces et technologies numériques. Après un passage par des études d’anthropologie à Rouen, il est diplômé de l’Université de Lille et de l’École supérieure d’art Dunkerque-Tourcoing en 2024. Il est actuellement étudiant au Fresnoy – Studio national des arts contemporains et s’apprête à débuter un doctorat en recherche-création. Son travail s’intéresse aux formes de disparition, d’effacement et d’altération à l’œuvre dans les environnements numériques, qu’ils soient techniques, culturels ou sociaux. Il explore la manière dont une trace, lorsqu’elle se fragmente ou se dégrade, peut paradoxalement intensifier sa présence. En 2025, il intervient notamment lors de la journée d’étude « IA et image », organisée par la revue *Transbordeur* et l’Institut pour la photographie de Lille. Son travail est également présenté par Artagon dans le cadre du programme Art-Émergence au Frac Île-de-France, ainsi que dans plusieurs institutions de la région.
Production
Crédits
› Artiste professeur invité : Sammy Baloji
› Chargé·e de production : Pauline Thyss
› Pôle installation : Cyprien Quairiat
› Aide constructeur : Théophile Carrot
› Chef décorateur : Pascal Renard
› Création sonore : Olivier Lautem
› Ingénieure son, assistante au tournage : Lise Lebleux
› Étalonnage : Charles Ledlaire
Remerciements
Je remercie chaleureusement mes ami·es de l'association I.F.A, ma famille, Bérénice Candelier pour leur soutien constant, leur présence et leur confiance tout au long de ce projet. Je remercie également toute l’équipe du Fresnoy pour son accompagnement. Alexandre Peschmann, Aurélie Brouet, Blandine Tourneux, Charles Ledlaire, Cyprien Quairiat, Claire Pollet, Éric Prigent, François Bedhomme, François Bonnenfant, Isabelle Gaudefroy, Lise Lebleux, Luc-Jérôme Bailleul, Olivier Lautem, Pascal Buteaux, Pascal Renard, Pauline Thyss, Sammy Baloji, Sébastien Cabour, Stéphanie Robin, Théo Coeugniet, Théophile Carrot, Thibaut William. Je remercie tout spécialement mon père, Florentino Ferreira Leite pour sa confiance, sa parole, et pour s’être livré devant la caméra et le micro. Cette œuvre est dédiée à la mémoire de mes grands-parents : Domingo Ferreira, Alexandre de Oliveira Ferreira, Ana de Oliveira Leite.