La nuit a des yeux

Évènement

Conférence de Marie-Pierre Duhamel Muller - lundi 5 octobre à 16h00 Conférence - Salle Cocteau

Entre éclats électriques et art de l'éclairage (indispensables aux pellicules) et surpuissance des capteurs numériques (qu'il faut parfois "éteindre"), la nuit est-t-elle jamais racontée  à la mesure de notre expérience ? Du noir au (trop) lumineux, des villes aux forêts, des débuts du cinéma aux expériences figuratives des artistes contemporains, la nuit s'échappe, se révèle ou se transfigure. Histoire de la nuit cinématographique, histoire de la prise de vue, histoire de l'œil.

"Il n'y aura plus de nuit : sur chaque place s'élèveront des phares, des minarets d'architecture mauresque, dont le sommet portera des aigrettes de lumière électrique d'un éclat si intense que le gaz se détachera en noir sur sa flamme. Ces phares jetteront sur la ville une lueur blanche et bleue dix fois plus vive que celle du plus brillant clair de lune oriental. La seule chose à laquelle on pourra reconnaître la nuit, c'est qu'on y verra plus clair que dans le jour (…) Les hommes de ce temps-là dormiront très peu; ils n'auront pas besoin d'oublier la vie dans cette mort intermittente qu'on appelle le sommeil : leur existence sera d’abord si bien combinée qu’ils n’éprouveront jamais de fatigues, les résistances de la matière étant vaincues, et l’alimentation dégagée de tout ce qu’elle a de grossier." (Théophile Gautier, Paris futur, 1851)