La réticulation du monde

Évènement

Vendredi 21 Novembre 2014
Projet de recherche du réseau des écoles d'arts du nord pas de calais

« La réticulation du monde » est un projet de recherche pluriannuel proposé par le réseau des Écoles d’Art du Nord-Pas de Calais (ÉSAD Valenciennes, ÉSA Cambrai, ÉSA Dunkerque/Tourcoing) et Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains. Il s’inscrit dans l’axe commun Arts – Sciences – Techniques et fait suite au programme d’actions communes initié en 2010-2011 avec « Métamorphoses de l’image » et poursuivi avec « Arts, sciences et techniques » en 2011-2012.

JOURNÉE D’ÉTUDE : « La réticulation du monde : arts, sciences, réseaux (I) - Introduction »

Présentation :
La journée d’étude « La réticulation du monde : arts, sciences et réseaux (I) - Introduction » est le premier volet d’un projet pluriannuel qui se développera sur au moins 3 années. Cette première journée a pour fonction de proposer une introduction à la problématique du « réseau » à travers les relations entre arts, sciences et techniques.

Par « réticulation », il faut entendre d’une part le processus de formation d’un réseau, qu’il soit réseau physique, réseau biologique, réseau technique, réseau esthétique, réseau social, etc. ; et d’autre part l’interconnexion des réseaux entre eux. La « réticulation du monde » désigne plus généralement l’idée que le monde est un réseau et même un réseau de réseaux.
Or, l’avènement du numérique transforme en profondeur notre perception et notre compréhension du réseau en même temps qu’il transforme les pratiques de l’art et du design (conception, production, diffusion), en rendant interconnectable comme jamais auparavant tous les réseaux qui tissent le monde.

Cette « réticulation du monde » repose alors la question politique dans la mesure où les réseaux et leur interconnexion sont aussi une nouvelle forme d’organisation de l’espace et du temps de la communauté, aussi bien en ligne qu’hors ligne, ce qui est à la fois porteur d’utopies qui se trouvent ainsi renouvelées, mais aussi de logiques de contrôle de la vie individuelle et collective.

Selon une telle perspective, un certain nombre de questions se pose quant à la nature, au rôle et à l’évolution du rapport entre art et réseau : Un art du réseau existe-t-il ? Quelles transformations sensibles, historiques et conceptuelles le réseau opère-t-il lorsqu’il est un motif, un matériau, une méthode de création, un instrument de communication pour l’art ? Comment l’art intègre, transforme, sublime la science et la technique des réseaux ? En quoi les rôles de l’artiste, du technicien et de l’amateur sont-ils transformés par les pratiques réticulaires ? Le web (1.0 et 2.0) est il un nouveau domaine artistique comme le cinéma en son temps ou une réticulation possible des arts ? La réticulation artistique du monde peut-elle lutter contre la réticulation automatique du monde (en proposant une nouvelle sensibilité et un nouvel imaginaire transindividuels) ?


Plusieurs champs d’étude pourront alors être mobilisés durant cette journée et les suivantes :
- Histoire de la notion de réseau
- Histoire scientifique et technologique du réseau
- La réticulation des arts
- Le réseau comme motif artistique et comme méthode de création
- Pavement du plan, perspective légitime et grille moderniste
- Filets, lacis et nuages
- Art, participation et oeoeuvres collectives (des années 1960 à aujourd’hui)
- L’art des réseaux analogiques/numériques
- L’art sociologique et la poétique de la relation
- La sociologie des réseaux artistiques
- Imaginaire des réseaux
- Réseaux sociaux et utopies politiques

Programme de la journée d’étude du 21 novembre 2014

MATIN – Réticulation théorique

9h30 Accueil au Fresnoy
10h Ludovic Duhem, Philosophe, Responsable de la recherche – ESAD Valenciennes
> La réticulation du monde : arts, sciences, technologies
10h30 - Bernard MAITTE, Historien des sciences, Professeur émérite - Université de Lille1
> Expliquer le cristal : une histoire de réseaux et de symétries
11h45 Pierre MUSSO, Philosophe des Sciences de l’information et de la communication – Paris Tech
> Les réseaux : des techniques à la rétiologie
  Pause
12h30 Alexandre LAUMONIER, Anthropologue, ESA Cambrai
> Cartographie des marchés financiers. Les réseaux à l'épreuve de la nature
13h30 Déjeuner au restaurant du Fresnoy

APRÈS-MIDI – Réticulation artistique

14h30 Aurélien MAUPLOT, Artiste
> Transversalités (entretien avec Nathalie Poisson-Cogez- ESA Dunkerque/Tourcoing)
15h15 Jean-Jacques GAY, curateur indépendant, critique d'art, chercheur – Université Paris 8
> La réticulation du monde : faire oeoeuvre ensemble !
16h Pauline Delwaulle – Le Fresnoy
> Terra incognita
  Pause
16h30 Jeremy BINDI (avec Cyril Crignon) – ESA Dunkerque/Tourcoing
> Le citoyen agent, la surveillance à domicile
17h Lucie KREMER (avec Ludovic Duhem) – ESAD Valenciennes
> Les possibles du réseau social : entre identification et navigation
17h30 Nicolas CARION
> Instrumentalisations idéologiques et réappropriations typographiques
18h Conclusions et clôture de la journée d’étude

 


Bibliographie indicative :
- BECKER Howard, Les mondes de l’art, Paris, Flammarion, 2010.
- COSTA Mario, Internet et globalisation esthétique : l’avenir de l’art et de la philosophie à l’époque des réseaux, Paris, L’Harmattan, 2003.
- COUCHOT Edmond et HILLAIRE Norbert, L’art numérique. Comment la technologie vient au monde de l’art, Paris, Flammarion, 2003.
- DAMISH Hubert, Traité du trait, Paris, RMN, 1995.
- DELEUZE Gilles, Mille plateaux. Capitalisme et schizophrénie 2, Paris, Minuit, 1989.
- DOUEHI Milad, Pour un humanisme numérique, Paris, Seuil, 2011.
- FOURMENTRAUX Jean-Paul, Artistes de laboratoire. Recherche et création à l’ère numérique, Paris, Hermann, 2011.
- FOURMENTRAUX Jean-Paul, L’oeoeuvre virale : Net art et culture hacker, Bruxelles, La lettre volée, 2013.
- FOURMENTRAUX Jean-Paul, Art et Internet : les nouvelles figures de la création, Paris, CNRS, 2010.
- FOURMENTRAUX Jean-Paul, L’oeoeuvre commune : affaire d’art et de citoyens, Paris, Les presses du réel, 2012.
- GUATTARI Félix, Qu’est-ce que l’écosophie ?, Paris, Lignes, 2014.
- HEINICH Nathalie, L’élite artiste : excellence et singularité en régime démocratique, Paris, Gallimard, 2005.
- INGOLD Tim, Une brève histoire des lignes, Bruxelles, Zones sensibles, 2013.
- JUTAND Francis, La métamorphose numérique. Vers une société de la connaissance et de la coopération, Paris, Alternatives, 2013.
- KLEIN Robert, La forme et l’intelligible. Écrits sur la Renaissance et l’art moderne, Paris, Gallimard, 1970
- KRAUSS Rosalind, L’originalité de l’avant-garde et autres mythes modernistes, Paris, Macula, 1993.
- LEROI-GOURHAN André, Le geste et la parole. II. La mémoire et les rythmes, Paris, Albin Michel, 1964.
- LÉVY Pierre, La machine univers. Création, cognition et culture informatique, Paris, La Découverte, 1987.
- MAITTE Bernard, Histoire des cristaux, Paris, Hermann, 2014.
- MONNIN et DECLERCK, « Philosophie du web et Ingénierie des connaissances », Intellectica, n°61, 2014.
- MUSSO Pierre, Télécommunications et philosophie des réseaux, Paris, PUF, 1998.
- MUSSO Pierre, L’imaginaire industriel, Paris, Manucius, 2014.
- PANOFSKY Erwin, La perspective comme forme symbolique, Paris, Minuit, 1975.
- PARROCHIA Daniel, Philosophie des réseaux, Paris, PUF, 1993.
- PARROCHIA Daniel, Penser les réseaux, Paris, Champ Vallon, 2001.
- POPPER Franck, Art, action, participation, Paris, Klincksieck, 2007
- ROJAS Estrella, Réseaux socionumériques et médiations humaines, Paris, Hermes/Lavoisier, 2013.
- SIMONDON Gilbert, Du mode d’existence des objets techniques, Paris, Aubier, 2013.
- SIMONDON Gilbert, Imagination et information (1965-1966), Chatou, La Transparence, 2008.
- STIEGLER Bernard, De la misère symbolique. 2. La catastrophè du sensible, Paris, Galilée, 2005.
- STIEGLER Bernard, Digital studies. Organologie des savoirs et technologies de la connaissance, Paris, IRIFYP.
- Revue d’esthétique, Les technimages, Paris, Jean-Michel Place, 1997.
- La part de l’oeil, n°2, Pensée des sciences, pensée des arts plastiques, Bruxelles, 1986.