Wang Bing

Ecole

Réalisateur, scénariste, producteur.
Né en 1967 à Xi’an, dans la province du Shaanxi, en Chine, Wang Bing a étudié la photographie à l’Académie des Beaux-Arts de Lu Xun et le cinéma à la Beijing Film Academy. Il a débuté sa carrière en tant que cinéaste indépendant en 1999. Découvert en 2003, À l’ouest des rails (Tiexi Qu/铁西区), gigantesque documentaire de plus de neuf heures, remportait un vaste succès international.
En plus de ses documentaires (Les Trois soeurs du Yunnan / San zimei / 三姊妹, À la folie / Fengai / 疯爱), il a réalisé des installations vidéo (Crude
Oil / Yuanyou / 原油, un film de quatorze heures
), des films de fiction (Brutality Factory / Baoli gongchang / 暴力工厂, Le Fossé / Jiabiangou / 夹边沟) et de la photographie.

Wang Bing est entré dans l’histoire du cinéma au tournant de ce siècle, en embarquant dans un train de marchandises avec une petite caméra DV louée
et en se mettant à filmer les paysages enneigés du quartier industriel de Tiexi, dans le nord-est de la Chine. Les deux années suivantes, l’ancien étudiant en photographie et en art documentait le déclin des entreprises d’État de la région, suivant inlassablement les travailleurs restants dans les couloirs et les vastes étendues des complexes industriels. Avec les trois cents heures de tournage, il créait le monumental À l’ouest des rails (2002), un document de neuf heures en trois parties sur la transition de la Chine d’une économie contrôlée par l’État à une économie de marché et sur la désolation de la classe ouvrière qui en a résulté, ouvrant la voie à un boom de la main-d’oeuvre bon marché et précaire. Depuis lors, Wang Bing a continué à relater la vie quotidienne de celles et ceux qui vivent en marge de la société, au milieu des vastes paysages en mutation rapide de la Chine du 21e siècle, dévoilant ce qui reste trop souvent invisible sous couvert de « croissance miracle » et d’oblitération volontaire de la mémoire historique.

Poussé par le désir permanent de filmer et de découvrir, Wang Bing ne cesse d’explorer de nouveaux lieux et de nouvelles situations, se laissant
entraîner par des rencontres fortuites et l’épiphanie de l’inattendu. Il a déplacé le coeur de ses activités de la province de Tiexi vers celles du nord-ouest de la Chine. Dans le désert de Gobi, il a travaillé pendant plusieurs années en secret sur son seul long métrage de fiction à ce jour, Le Fossé (2010), qui raconte les luttes pour survivre à Jiabiangou, l’un des camps de travail du Mouvement anti-droitiste de Mao Zedong, de 1957 à 1961. Dans Les Trois soeurs du Yunnan (2012), il a documenté les vies d’une famille d’agriculteurs appauvris d’un petit village de montagne de la province du Yunnan, plus au sud-ouest, ainsi que celles des détenus d’un hôpital psychiatrique décrépit dans À la folie (2013), avant de suivre des familles réfugiées fuyant la guerre civile en cours au Myanmar dans Ta’ang (2016) et de voyager avec des travailleurs du textile migrants dans la ville de Huzhou, dans le sud du pays, avec Bitter Money (2016). Au sein de cette géographie personnelle, les projets au long cours alternent avec des projets plus modestes, mais non moins puissants. Ainsi, lors de la production du Fossé, Wang Bing a enregistré en une seule prise le témoignage étonnant de He Fengming, chronique d’une femme chinoise sur les persécutions qu’elle et sa famille ont subies tout au long du Mouvement anti-droitiste et de la Révolution culturelle. Lors du tournage des Trois soeurs du Yunnan, il a rencontré deux adolescents dont il a enregistré, en une série de longs plans fixes, l’expérience quotidienne de l’ennui et de la répétition dans une cabane exiguë, propriété d’une usine. Et, à Huzhou, au cours de la documentation du monde urbain des ouvriers et ateliers clandestins qui ne ferment jamais l’oeil, Wang Bing a passé une semaine sur les rives désolées du fleuve Yangtsé pour filmer les derniers jours de Madame Fang avant sa mort.

Des conditions brutales de l’esclavage moderne aux vestiges stériles des histoires qui s’effacent, des jeunes qui gâchent leur vie aux personnes âgées
confrontées à la mort, des industrieux aux parvenus, les oppositions et revirements fascinants de l’oeuvre de Wang Bing s’accompagnent d’une même persévérance : la détermination à extraire du coeur de l’anéantissement les fragments ultimes du possible. En menant attentivement sa caméra à travers les espaces qu’il rencontre, jonglant respectueusement entre distance et proximité, il cherche patiemment à capturer la réalité et la puissance de ces personnes qui semblent faire l’expérience de la « vie la plus simple / mise à nu ». Plutôt que d’enfermer dans un cadre étroit, censé faire écho à leur vie minuscule, celles et ceux qu’ignore le radar de l’Histoire, il choisit de leur donner le temps d’exister, ouvrant leur monde et affirmant que leurs corps, leurs voix et leurs gestes aussi ont des histoires à raconter.

Wang Bing, un artiste sous les projecteurs, Courtisane Festival 2018

Dans les salles cette semaine.

vendredi 06 décembre à 19h30
Ce soir
de Adrian Figueroa - 2017
Du 06 au 08 décembre
Ce soir
Du 6 au 9 décembre 2019
vendredi 06 décembre à 20h00
Ce soir
de Lucija Stojevic - 2016
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Du 06 au 08 décembre
Ce soir
de Ina Weisse - 2019
samedi 07 décembre à 16h45
de Jesus Garcés Lamber - 2019
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Du 07 au 08 décembre
2019
À partir de 3 ans
samedi 07 décembre à 19h30
de Jean-Michel Meurice - 2018
samedi 07 décembre à 20h30
de Georges Gachot - 2017
dimanche 08 décembre à 15h30
de Kenneth Harvey - 2018
dimanche 08 décembre à 16h45
de Robin Lutz - 2018
dimanche 08 décembre à 18h15
de Stephane Kaas - 2017