Les buveuses d'eau

image de l'oeuvre Les buveuses d'eau de  Nadia Mihalache Nadia Mihalache

De Ina Mihalache installation 2017

Installation sonore interactive, 3 x 5 min

Trois fauteuils-baignoires se sont réunis dans l’espace d’exposition. Ils proposent de prendre en charge le corps du visiteur qui, séduit par leur chant comme on le serait par celui des sirènes, osera s’asseoir dans leur habitacle.

Vous glissez alors dans l’environnement utopique imaginé pour votre bien.

Dans ce landau pour adulte en forme d’oreille, on vous murmure des phrases étrangement bienfaisantes. Vous pouvez vous appuyer dessus. Vous êtes encouragé à l’abandon : détente absolue de tous les membres y compris la tête, car vous avez franchi la frontière d’un état qui échappe aux usages productifs. Désactivation du social. Vous expérimentez une qualité d’absence particulière.

Les sons et les voix vous parviennent depuis la tuyauterie, amplifiant là votre sentiment d’immersion. Les yeux dans le vague, vous flottez : la catharsis est lentement liquide. Vous pouvez rester ainsi toute une journée, voire la vie entière. Mais vous reconnaissez ces mots de Henri Michaux qui ont déjà résonné tout à l’heure dans votre cachette. C’est le voyage-retour à bord de la capsule semblant venir du bout du monde.

« Aux amateurs de perspective unique, la tentation pourrait venir de juger dorénavant l’ensemble de mes écrits, comme l’œuvre d’un drogué. Je regrette. Je suis plutôt du type buveur d’eau. » Henri Michaux, Misérable Miracle

Biographie de mon imaginaire
Entre 1996 et 1999, je décide de perdre l’accent québécois et me passionne pour TV5 et Le Petit Robert.
En 1999, je découvre Philippe Katerine.
En 2001, je suis ébranlée par la performance de Björk dans Dancer in the Dark.
En 2002, je découvre Sophie Calle et vois Hiroshima mon amour.
En 2003, je lis la trilogie de Beckett et vois Je, tu, il, elle (Chantal Akerman).
En 2004, j’immigre en France et écoute France Culture non-stop.
En 2006, je reste bouche bée devant deux vidéos de John Baldessari.

Citation
« Dans un instant je parlerai des vaches, du ciel, vous allez voir. » Samuel Beckett

Remerciements Thanks

Avril Bénard, Olivier L. Brunet, Vincent Verroust, Pascal Convert, Élodie Wattiaux, Blandine Tourneux, Isabelle Meda, Frédérique Massart. Merci à Yannick Haenel pour sa douceur et sa complicité.

Crédits Credits

Texte : Misérable Miracle de Henri Michaux (Gallimard)
Création sonore et mixage : David Merlo
Construction : Christophe Gregório (responsable atelier), Marie Devarenne (serrurière), Guillaume Gravina, Pierre Le Lay
Programmation : Étienne Landon
Voix : June Balthazard, Harald Marlot, Léonard Martin, Ina Mihalache

Site web

Teaser
Images de l'oeuvre
Processus de création
Partenaires
  • Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains, Tourcoing

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