Falaise de Bâmiyân

image de l'oeuvre Falaise de Bâmiyân de  Pascal Convert

De Pascal Convert installation 2017

Tirage contact Platine Palladium sur papier pur coton 300 gr 15 tirages différents qui forment une vue panoramique de la falaise Chaque tirage: 1,60 x 1,03 m pour un total de 1,60 x 15,47 m Photographies contrecollées sur dibond avec châssis rentrant au dos Tirages réalisés par Laurent Lafolie.

Mémoire par contact

Perdre la mémoire
Les Bouddhas géants sculptés de Bâmiyân doivent surtout leur célébrité à leur destruction par les Talibans le 11 mars 2001 suite à un édit condamnant les idoles promulgué par le mollah Omar, qui contrôlait l'Afghanistan depuis 1996. A l’époque, le monde occidental n’a pas complètement pris la mesure de cet événement qui pourtant s’inscrit dans une chronologie qui conduit à la destruction des deux tours géantes de New York, sept mois plus tard exactement, le 11 septembre 2001. La destruction des deux Bouddhas géants à Bâmiyân et des Twin Towers à New York a accéléré l'entrée dans le XXIe siècle et nous a appris que le retour des conflits culturels, économiques et surtout religieux irait de pair avec une utilisation toxique de la puissance de synchronicité des images. L’objectif premier de l’« épuration culturelle » menée par les extrémistes islamistes n’est autre que de nous faire littéralement perdre la mémoire. Et avec elle notre conscience.

Mémoire meurtrie
Située au centre de l'Afghanistan, Bâmiyân est une petite ville qui s'étend d'est en ouest le long d'une falaise faisant face au sud. Cette falaise, faite d’une roche friable, longue d'un kilomètre et demi, a abrité entre le IIIe et le VIIe siècle un monastère bouddhiste qui comptait une population de plus de mille moines. Ce site était un témoignage majeur de l’école d’art gréco-bouddhique du Gandhara. Sur la falaise, à l'intérieur de niches géantes, se dressaient deux statues colossales de Bouddha debout, l'une de 38 mètres à l'est, l'autre de 55 mètres à l'ouest. Outre ces niches, 750 grottes environ avaient été creusées dont un dixième environ contenaient des peintures murales et des sculptures en argile et que l'on peut désigner sous le terme de grottes sanctuaires. La destruction (ou le vol) des sculptures, des peintures et bas-reliefs sculptés a été systématique.

Mémoire malgré tout
Si les Talibans ont cru détruire ces statues géantes, de même qu'à Hiroshima après l’explosion de la bombe atomique, il en reste l’ombre portée. Détruire une sculpture, ce n’est pas simplement « casser des pierres » comme a pu le prétendre le mollah Omar, c’est dénier à tout être humain la possibilité de représenter un être vivant. L’acharnement avec lequel les djihadistes en Syrie, en Irak, détruisent les sculptures préislamiques participe bien sûr d’une propagande. Elle témoigne aussi d’une volonté absolue de détruire tout passé, toute histoire. Mais l’explosion des centaines de mines n’a pu détruire totalement l’existence des Bouddhas, il en reste la trace.

Mémoire par contact
Lors de mon séjour à Bâmiyân, en plus du scan 3D au moyen de drones, j’ai utilisé une technologie de prise de vue photographique d'ordinaire utilisée pour détecter les micro-fissures dans les pales d’éoliennes. Cette technologie a permis la fabrication d’une image à l’échelle 1 de la falaise par un système de tuilage de quatre mille photographies. De manière dialectique, hybridant les technologies les plus contemporaines et les plus anciennes, j'ai choisi de réaliser un tirage photographique de l'ensemble de la falaise en utilisant le procédé platine-palladium, technique de tirage par contact inventée en 1880. Le spectateur a ainsi le sentiment d'être devant un objet photographique dont les qualités visuelles et tactiles sont celles d'une empreinte directe.

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Teaser
Images de l'oeuvre
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Oeuvre de Pascal Convert produite par Le Fresnoy :

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