Lecedra

image de l'oeuvre Lecedra de  Jivko Darakchiev Jivko Darakchiev

De Jivko Darakchiev film 2012

Lecedra. C’est le nom d’un petit village au milieu de la Bulgarie. En zoomant sur Google Maps elle n’apparaît pas tout de suite : c’est un point A entre plusieurs villes, perdu dans le vert de la forêt des montagnes des Balkans. Lecedra c’est aussi un court métrage qui n’a pas à proprement parlé d’histoire. Il s’agit plutôt d’un parcours, un parcours à travers le village, à travers les personnages qui habitent ce village, à travers les champs, les moutons, les maisons, les commerces, le centre de cinéma abandonné. Les dialogues sont rares ou brefs, ils décrivent simplement ce que la caméra nous montre. En voix off, une vieille dame entame une fine description de sa maison. L’image suit lentement sa parole, pièce par pièce, comme pour mieux ancrer les lieux et objets filmés. Comme s’il fallait augmenter une réalité pour la faire exister à nouveau. Car en même temps que le regardeur découvre le village, Jivko (personnage-caméra) redécouvre le lieu de l’enfance, le lieu des origines. On le voit attablé avec les habitants du village, il vide son sac, en sort un sabre laser, l’offre à Philip. Le sabre laser : objet culte et, plus intimement, objet du déracinement. L’objet grésille, bourdonne quand on le tape sur la table. Ce bruit sourd et redondant devient étrange et étranger. Étranger comme Jivko dans son village d’enfance. Étrange comme ces images lancinantes de saucisses qui hachent le rythme lent des plans. Dès le début, mais de manière latente, les images font planer une inquiétante étrangeté. Das Unheimliche, notion de Jentsch augmentée par Freud, est la frayeur qui se rattache aux choses connues depuis longtemps et de tout temps familières. C’est quelque chose d’intérieur, qui nous appartient mais qui n’est pas ou ne peut pas être encore reconnu en tant que tel. C’est encore par exemple l’image de son reflet dans la vitre que l’on ne reconnaît pas. C’est enfin le non-dénouement de ce lointain familier qui prend fin dans l’absurdité joyeuse d’une chorale de lancer de poules. Charlotte Poisson est étudiante au DSRA (Diplôme Supérieur de Recherche en Art) de l’École supérieure de l’agglomération d’Annecy, ses recherches portent sur le paysage.

Remerciements Thanks

Le personnel du Fresnoy, Perrine Gamot, Georgy Penchev, Ani Balgaranova, Mircho Mirchev, Raina Philipova, Borimir et Eujenia Darakchiev

Images de l'oeuvre
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  • Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains, Tourcoing

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